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Entre fantasme et danger : le retour de l’appel à l’union nationale

Au Parti socialiste

Le fantasme d’un gouvernement d’union nationale refait surface avec une vigueur inquiétante. 78% des Français y seraient favorables, si l’on en croit le sondage Ifop récent pour le Journal du Dimanche et les commentaires qui en ont découlés.

Cette revendication réapparait régulièrement lorsqu’un pays traverse une période difficile. Le phénomène n’est pas isolé : en l’absence d’une majorité politique claire depuis des mois,l’Italie s’est vue contrainte d’intégrer l’ensemble des partis politiques au sein d’un même gouvernement, à l’exception notable des Grillini toujours farouchement antisystème. On remarque d’ailleurs la place stratégique occupée par le numéro 2 du Parti de la Liberté de Silvio Berlusconi, Angelino Alfano, au ministère de l’Intérieur.

Aujourd’hui, les Français appelleraient donc de leurs vœux la constitution d’un gouvernement réunissant des hommes et femmes politiques de tous bords, comme réponse à la crise économique qui dure et au chômage qui progresse. Doit-on s’en étonner ? Je ne le pense pas. En revanche, il faut assurément s’en inquiéter et en tirer les conséquences.

Un phénomène qui n’est pas surprenant

Au regard du contexte économique, social et politique actuel, on ne peut s’étonner d’un tel message. Néanmoins, il faut faire une analyse juste de la situation. Au-delà de la facilité qu’ont certains médias et sondeurs de surfer sur la conjoncture pour en tirer des conclusions sensationnalistes, cette opinion générale donne une nouvelle preuve – s’il en fallait – du manque de confiance actuel des Français en leurs représentants politiques, quelque soit leur appartenance.

Elle symbolise une déception envers l’action du gouvernement, qui doit être entendue et prise en compte. Mais elle illustre plus largement un désaveu général pour les politiques : aux yeux d’une majorité de Français, il n’y a apparemment pas un camp qui serait plus à même que les autres de porter efficacement un projet de sortie de crise.

Une idée périlleuse

Loin d’être surprenante, l’attirance pour une utopique union nationale est néanmoins préoccupante. Elle ne peut être une option pour répondre aux défis politiques et économiques majeurs auxquels nous sommes confrontés.

D’une part, cela serait contraire à la nature même de la démocratie, qui repose sur le jeu des majorités, des oppositions, des confrontations d’idées, et des possibilités d’alternances. D’autre part, cela reviendrait à dire qu’il n’existe qu’une seule réponse à la crise : l’alliance de l’énergie de toutes les forces politiques, au-delà des clivages et des désaccords. Cela est un mensonge, une illusion, et un danger.

Cette hypothétique union nationale ne correspond pas à l’idée que je me fais de la réponse politique qui doit être apportée aux problèmes économiques et sociaux actuels. Elle aboutirait fatalement à un échec, et conduirait naturellement à des alternatives radicalisées. Déjà menaçant, le FN n’attend que ce genre d’expérimentation hasardeuse pour se renforcer.

Le courage politique comme réponse à la détresse des Français

Aujourd’hui, on constate un indéniable – et inquiétant – appauvrissement idéologique en France. Cela entretient les populismes, qui basent leurs discours sur des amalgames grotesques entre les majorités de droite et de gauche, pourtant historiquement radicalement opposées. Les détestables slogans qui fleurissent contre un soi-disant « UMPS » en attestent.

Pour autant, je pense que c’est bien mal connaître les Français que de croire qu’ils ne font plus de distinctions entre les diverses composantes de l’échiquier politique : les difficultés conjoncturelles ne peuvent faire disparaitre les valeurs profondes.

Il faut voir la lassitude, la déception et le mécontentement des Français. La crise économique dure, nous sommes aujourd’hui en récession, ses conséquences sociales s’étendent (3,2 millions dechômeurs !). La réponse passe par la proposition d’un programme courageux ainsi qu’une véritable alternance dans la gestion économique, qui rejette définitivement l’austérité comme mode de vie.

L’union nationale ne peut être ni un objectif ni un moyen de répondre à la crise. C’est par la confrontation pacifique, comme l’a indiqué le Président de l’Assemblée nationale, que nous pouvons avancer et clarifier les choix qui sont proposés aux citoyens.


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