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Colloque Etat de Sao Paulo et Région Ile de France

Tavares-Romero

En Partenariat avec l’Institut des Amériques, Ubifrance et l’IRIS s’est déroulé le Colloque intitulé :
L’action internationale des collectivités locales, un partenariat renouvelé entre la Région Île-de-France et l’Etat de São Paulo

Cet échange a donné lieu à l’intervention de Rodrigo Tavares, Chef du bureau des Affaires étrangères de l’Etat de Sao Paulo. Me concernant vous trouverez à la suite mon intervention lors de cette rencontre.

Je suis très heureux de pouvoir prendre la parole aujourd’hui :
–         aux cotés de Rodrigo Tavares, chef du bureau des relations internationales du gouvernement de l’Etat de Sao Paulo
–         de le faire à Ubifrance
–         dans le cadre d’une rencontre organisée en partenariat avec l’Institut des Amériques et l’IRIS, que je remercie de s’être associés à nous
–         pour évoquer le partenariat IDF-SP et, plus globalement, l’action internationale de la RIF

Ce « cadre de travail et de partenariat» est une parfaite illustration, de l’esprit et de la lettre, du partenariat qui nous unit à l’Etat de Sao Paulo. Plus largement, il traduit aussi le chantier que j’ai décidé de lancer depuis plus de deux ans en tant que VP international et Europe : un renouvellement de l’action internationale de la Région Ile de France, en particulier pour ce qui relève de son « cœur de métier », à savoir la coopération décentralisée.

Rodrigo Tavares l’a dit : le monde a changé, les acteurs locaux ont un rôle à jouer sur la scène internationale ; voire plus : ils ont à mon sens un devoir d’internationalisation.
La présence internationale des acteurs locaux a un objectif très concret : dans un contexte d’explosion urbaine, faire entendre et reconnaitre les besoins et les enjeux auxquels sont confrontées les métropoles du monde ; et trouver des solutions aux problèmes que rencontrent quotidiennement les habitants de leurs territoires, et dont les conséquences dépassent largement d’ailleurs le niveau local : transports, pollution, déchets, logement….

C’est dans cet esprit que la Région Ile de France et l’Etat de Sao Paulo se sont associés dans le cadre d’un partenariat 2014  pour la ville durable :
–         un partenariat non protocolaire et très pragmatique : ensemble, nous faisons, des choses concrètes et visibles, je vais y revenir
–         un partenariat « égalitaire », dans lequel nous pensons, finançons et mettons en œuvre ensemble nos actions, au bénéfice partagé de nos deux territoires
–         un partenariat qui nous permet de revisiter et de « rajeunir » la coopération décentralisée telle que nous la concevions jusque là, du côté français en tout cas
–         Un partenariat qui nous permet d’être en phase avec la réalité du monde d’aujourd’hui, et des rapports de force qui s’y dessinent. Mais aussi avec les besoins de nos territoires. L’Europe, et la France, sont en crise, et il faut trouver des débouchés, des solutions.
–         Une évolution/transformation rendue possible par une volonté politique forte, des deux côtés. J’insiste sur ce point : l’action internationale des collectivités locales (l’action tout court d’ailleurs) relève d’abord et avant tout de choix politiques. Nous avons fait les nôtres, et ns les assumons. Et je remercie sincèrement Rodrigo Tavarès de son esprit et de son engagement dans ce partenariat qui nous a permis, en très peu de temps et c’est suffisamment rare pour le souligner, d’avancer à pas de géant.

Quels sont ces choix politiques ?

En ce qui concerne l’Ile de France : faire de l’action internationale un levier de développement pour notre territoire. Et, en particulier, ouvrir des perspectives aux acteurs franciliens, en matière d’emploi.
L’action internationale de la Région Ile de France se heurte aujourd’hui à plusieurs pbs :
–         elle est très critiquée. Ou disons plutôt, instrumentalisée politiquement.
–         plus grave : même si les Français-Franciliens demeurent très attachés aux questions de solidarité (un objectif premier que nous poursuivons d’ailleurs), la crise provoque des doutes : l’action internationale est elle vraiment utile ? A quoi sert-elle ?
–         Il est vrai qu’il n’est pas aisé d’acter l’évolution du monde. Et de penser, dans une culture et une histoire centrées sur l’APD, à prendre aussi en compte, sans en avoir honte, la réalité des besoins de notre territoire. C’est pour nous, Français, un processus lourd de signification – et de renoncements – et assez douloureux.

Néanmoins, en 2013, la question de savoir ce que cette action nous rapporte (je ne me situe pas – que- sur le plan financier) est légitime. On peut effectivement se demander les tenants et les aboutissants d’investissements ou de fonds que nous allouerions à tel ou tel pays. Pour certains, en zone de solidarité, c’est très clair. Evoquer le cas des Philippines ou du Mali dernièrement. Pour d’autres (Chine, Vietnam …. Brésil), ça l’est moins.

Or, l’action internationale de la Région telle qu’elle est conçue aujourd’hui, en particulier le partenariat avec SP, fournit des réponses à ces questions :

–         sur l’instrumentalisation politique : une région qui se referme, surtout ds le contexte actuel, c’est une région qui meurt. Position intenable et politicienne, et donc dangereuse : difficile de comprendre que l’opposition vote contre les VIE par exemple, ou critique les programmes régionaux de mobilité qui s’adresse aux demandeurs d’emploi.
–         sur les doutes de nos concitoyens : certains discours politiques sont ravageurs. Ceux en particulier qui consistent à nous faire croire que l’ouverture au monde représente un danger pour nous. Je suis pour ma part convaincu du contraire, et je regrette que cet avis ne soit pas plus souvent défendu publiquement au niveau politique : l’action internationale est une chance pour nos territoires et leurs habitants, pas une condamnanation. Il suffit de parler de mobilité internationale pour le démontrer. L’international n’est pas un endroit où l’on se perd : c’est un endroit où l’on se trouve.
–         Sur la lecture du monde et la façon de nous y positionner : nous devons évoluer, et faire évoluer notre politique internationale. Sans remettre en cause notre culture et notre préoccupation pour la solidarité, il faut modifier nos relations et notre approche de pays qui occupent aujourd’hui une place de premier plan sur la scène internationale ; ou qui ont en tout cas désormais les moyens de financer leur propre développement. Il est temps pour eux, et pour nous, de rentrer dans des logiques de partenariats et d’échanges, où chacun y trouve son compte. C’est ce que nous faisons. Avec le Brésil et SP bien sûr, mais aussi avec d’autres (Chili, Vietnam, Liban). Et cela ne leur pose pas de pb (citer l’exemple du maire de Hanoi).
–         Autre raison : le moment « historique » dans lequel nous nous trouvons. La crise, l’absence de perspectives …. Et, en France, tant de savoirs faires et de forces vives, et une expertise reconnue dans de nombreux domaines. Et cette expertise est recherchée. A l’échelle de la Région, les métropoles du monde nous sollicitent pour que nous les accompagnions : dans la réalisation de schémas directeur, dans la mise en place d’une autorité organisatrice des transports, dans la création de filières de gestion des déchets …. Dans tout ce qui relève du champ de « la ville durable ». C’est d’ailleurs sur cette base que nous avons construit notre partenariat avec l’Etat de SP. Nous sommes d’ailleurs très honorés, je tiens à le souligner, que l’Etat de SP ait fait le choix de l’IDF. Cela valide le fait que notre modèle, nos choix (politiques) de société, avec une place importante pour les services publics, fait sens.

En matière de projets, le partenariat avec SP c’est :

–        L’accompagnement ds la mise en place d’une autorité organisatrice des transports, en appui sur le STIF et avec l’AFD
–        La participation à la dépollution des fleuves Tieté et Pinheiros, en appui sur le SIAAP.
–        L’invitation de l’Etat de SP à participer au projet d’habitat social durable Serra do Mar, avec l’implication du pôle de compétitivité Advancity. Vraie vitrine pour l’expertise francilienne, celle des PME notamment, ds la gestion de la ville durable. Mission d’Advancity prévue sur place en juin. Peut être que Bruno Allenet ou André Durbec (VP Advancity) ici présents voudront prendre la parole à ce sujet.

Sur la méthode :

–        un accompagnement institutionnel : gouvernance territoriale et implication de la puissance publique dans la gestion de la vie locale (je te laisse développer)
–        un partenariat « donnant-donnant », dans une logique d’allers-retours et d’échanges croisés : la semaine dernière s’est tenue à Sao Paulo la semaine de l’environnement, à laquelle ont participé et le SIAAP et notre VP Environnement. Dans 10 jours, nous accueillerons, en IDF, le secrétaire d’Etat à l’énergie, pour « lui montrer ce que nous savons faire ».

Pour conclure

Cette nouvelle forme de coopération décentralisée traduit une nouvelle donne ds les relations internationales. Avec certains pays (le notre) qui doivent revoir leur approche de l’action internationale ; ne doivent pas avoir peur de renoncer, lorsque c’est pertinent, à une approche fondée sur la solidarité ; et à ouvrir une approche basée sur le développement économique et l’innovation. Avec d’autres (le Brésil) qui doivent assumer le rôle qui joue aujourd’hui sur la scène internationale (arrêter de se comporter comme des pays émergents et assumer leur statut de pays émergés).

C’est dans cet esprit que le fait de tenir la conférence à Ubifrance fait sens, car cela traduit notre volonté d’ouverture et de soutien à l’internationalisation de nos acteurs, en particulier du monde économique.

C’est pour cela que nous sommes heureux d’être associés à des organismes de recherche et de réflexion (IA et IRIS) car c’est aussi à une révolution intellectuelle que nous devons nous livrer.

Je vous remercie.


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