Actualités

Permalink to La vie réelle : un naufrage européen en Méditerranée

La vie réelle : un naufrage européen en Méditerranée

Crédit image : AFP / Lemonde.fr

Crédit image : AFP / www.lemonde.fr

Dans un élan d’espoir pour fuir les conflits qui déciment leurs nations, 800 Syriens, Erythréens, Somaliens, jeunes et moins jeunes, ont péri en voulant rejoindre l’Europe le 19 avril dernier, dans l’un des pires naufrages survenus en Méditerranée. La semaine passée, quelque 450 migrants étaient déjà morts dans des accidents similaires.

Nous ne pouvons pas continuer ainsi.

En cause : les trafiquants profitant des conflits d’un côté, les politiques migratoires et extérieures européennes de l’autre. Si le principe de solidarité entre pays de l’Union est au cœur de notre idéal de paix à l’échelle régionale, nous devons appliquer ce principe au-delà de nos frontières. Nous le devons aux plus démunis qui espèrent rejoindre l’Europe au péril de leur vie, mais nous le devons avant tout à nous-même.

Un sommet extraordinaire se tiendra jeudi 23 avril à Bruxelles: ses décisions, elles-aussi, doivent être extraordinaires et apporter un changement durable. Il serait facile alors de se cacher derrière la culpabilité de « l’Europe », mais ce sont bien les ministres des affaires étrangères de chaque Etat membre qui doivent sortir par le haut de cette situation.

L’Italie, la Grèce, l’Espagne, Malte et Chypre, principales portes d’entrée dans l’UE pour ces migrants, ne doivent plus porter seules la gestion des demandeurs d’asile.

Alors que l’opération italienne Mare Nostrum, financée à hauteur de 9 millions d’Euros par mois et pouvant se déployer jusqu’aux côtes libyennes, a permis de sauver entre Octobre 2013 et Octobre 2014 quelques 150 000 personnes, l’Union européenne répond chichement. Le budget de l’opération européenne « Triton » gérée par l’agence Frontex correspond à un tiers seulement de son équivalent italien et se donne pour objectif de surveiller les frontières. Pas de sauver des migrants.

Le doublement des moyens pour la mission Triton, afin qu’elle patrouille dans une zone plus large et participe aux secours est une urgence impérieuse.

Nos ministres ont alors la responsabilité de réduire l’écart entre les mots et l’action. Si ce n’est pas le cas, c’est le naufrage de nos valeurs qui pourrait être à l’ordre du jour.


Galerie Photo

img_6972 02-02-2015-signature-pamu-01-reduite 140325-casablancapdtmaire-810x1024 antana mancera_huchon_romero signature-de-la-convention-avec-santiago americana coderre-et-vp iris-vp-tribune-3 iris-vp-tribune-2

Twitter

Suivez-moi sur Facebook